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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 13:18

darger1

 

LA FÉE ÉTRANGLÉE

 

Première partie : Cette image ci-dessus est extraite de l'œuvre majeur et ambiguë de l'écrivain et peintre auto-didacte américain, Henry DARGER (1892-1973), un des rois de l'Art-Outsider yankee. On y voit trois créatures juvéniles entièrement nues déployant leurs ailes de papillons composées de figures géométriques aux motifs délicatement colorés, gambadant en pleine nature parmi un groupe de petites gamines aux minois agités dont les corps posent des attitudes singulières et craintives. Une des fillettes dévêtues, détient une sorte de récipient en forme de seau dans chaque main, le visage imprégné d'un regard fixé par une angoisse qui l'a paralyse de toute son âme. La totalité de la composition (24 x108 centimètres) est coloriée harmonieusement par des tons pastels ou d'une gouache peut prononcée. Les 3 êtres ailés portent un nom : BLENGINS. Cette variété de "fée" fait partie des héroïnes mystérieuses d'une épopée littéraire incroyable et gigantesque qui s'étend sur 15145 pages dactylographiés, composée de plus de 9 millions de mots connus, agencée dans 15 gros volumes bien massif et accompagnée de 300 aquarelles, dont le titre est : "L'histoire des vivian girls, épisode de ce qui est connu sous le nom des royaumes de l'irréel, de la violente guerre gladéco-angélinienne, causée par la révolte des enfants esclaves". Cette saga à certainement été écrite presque entièrement de 1910 à 1921 par son étrange créateur. Elle raconte l'histoire déroutante d'un combat manichéen sans-merci entre un peuple de petites filles et une armée sanguinaire de soldats sudistes. C'est la guerre Glandéco-Angélinienne du nom des deux pays ennemis qui s'affronte sur une planète colossale dont la terre y est devenue satellite naturel. Les régions géographiques de cette planète inquiétante portent des noms comme : "Domporia, Tribongonlia, Concentinia, Morammia, Calverinia" et sont partiellement dévastées par de puissants cataclysmes naturels oû règne parmi des jardins à la végétation paradisiaque garnis d'une multitude de fleurs et de fruits succulents, d'horribles massacres d'enfants. Tout à commencer par l'assassinat d'une certaine Annie ARONBURG, lardée à coups de rasoir, chef des enfants (angélinians) réduits à la servitude au royaume de Glandelia gouverné par le despote-sadique John (johnston) Jacken MANLEY, général des armées païennes exterminatrices de mioches, un étrangleur de première à la main facile. La révolte des gamines est amorcée par l'intervention épique des 7 princesses vaillantes et immortelles du royaume apostolique et catholique d'Abbieannie. Les 7 blondinettes sont représentées pourvues d'un sex de petit garçon comme une bonne partie des gamines de cette étrange histoire. Elles ne sont guère des polissonnes mais des guerrières insoumises aux adultes. De temps à autre, on note la présence de très jeunes boy-scouts en pantalon de salopette avec armes à la main. Les 7 filles du général Robert VIVIAN (ardent) sont baptisées par tous : "Les Vivian Girls". Ces petites pléiades blondes de Girls Scouts Ranger (Daisy, Jennie, Angeline, Catherine, Hettie, Joice, Violet) aussi nommées les "Viviannites" sont aidées dans leurs batailles désespérées contre les Gladéliniens par d'autres escadrons d'enfants provenant de nations différentes comme celle d'Angélinia, mais plus particulièrement par des monstres fantastiques originaires des îles lointaines de Blengigomeneans, une espèce de gigantesque dragon qui se métamorphose pour la cause en des créatures thérianthopiques ailées, mi-enfant mi-animal, possédant des cornes recourbées et spiralées sur le front ou la tête comme des mouflons sauvages, leurs corps juvéniles qui disposent au dos d'une grande paire d'aile de papillon ou de rapace, se terminant par une longue queue recouverte d'écailles de dragon aboutissant à un dard venimeux ou une variété de fleurs en forme de champignon multicolore, bien qu'ils se manifestent fréquemment en mouflette cornue, géante et nue, parée d'une rose dans la coiffure, ce sont les fameux BLENGINS, protecteurs des enfants, sentinelles des moutards. il leur faudra de la ténacité pour assisté et assuré la survie de tous ces petites filles en fleurs ensanglantées au milieu des centaines de carnages et de batailles les plus terrifiantes. Les pauvres petiotes hermaphrodites seront torturées d'effroyable manière. La brutalité sophistiquée des supplices infligées aux petites pré-pubères par les affreux soldats à la toque (calot) universitaire vissée sur la tête, engoncés de leurs sinistres uniformes gris, y est décrite avec une horreur compatissante. Mais le tout, formidablement rehaussé à la gouache, servant de très belles couleurs, admirablement construit dans l'espace, adoucit l'esthétique du crime et fait de nous sa complice. Les petites coquettes toujours déshabillées sont tour à tour cruellement trucidées au sabre ou percées par des baïonnettes sous des explosions de mortiers, paniquées par des forêts incendiées, affolées sue des voies ferrées pour y êtres écrasées par un train, piétinées sous les bottes ennemies, crucifiées avec des méthodes odieuses, pendues via les pieds de façon scélérate en agonisantes étouffées par le sang qui jaillit de leurs petites bouches convulsées, éventrées et dépecées avec leurs petits organes internes mis en avant du regard, le cou enserré au lasso lors de leurs captures par des cow-boys vicieux avant d'être égorgées sur de belles prairies. L'infanticide le plus prisé et dessiné par cet artiste gênant est la strangulation à main-nues. Un petit visage enfantin enflé de douleur à la langue pendante dont les yeux exorbités semblent se concentrés dans l'agitation la plus effroyable sur les deux grosses mains qui l'étrangle jusqu'à la mort. Selon l'histoire des royaumes de l'iréel, les enfants après mille aventures éprouvantes seront libérés de l'esclavage par les 7 blondes immortelles qui réussiront leur coup d'éclat contre l'ignoble sadique John MANLEY et ses armées. Les petites mortes, érigées en martyres messianiques contraindront le royaume de Glandelia à vivre une paix perpétuelle. L'amour chrétien des petites chéries étendue à l'ensemble des mondes universels. Son auteur semble exorcisé de façon obsessionnelle par la beauté lyrique se qu'il à vu ou commit de lui-même. À moins que.. Henry (joseph) DARGER prend naissance le 12 avril 1892 à CHICAGO aux États-Unis, y perd sa mère (Rosa Ronalds) à l'âge de 4 ans qui meurt (1896) en donnant au monde une petite soeur confiée aussitôt à l'adoption qu'il ne verra jamais. Après le décès de son père d'une maladie dégénérative en 1905 dans un hospice de la mission catholique de Saint-Augustin, il est interné pour cause d'onanisme en public et de rébellion contre l'autorité du système scolaire dans un institut pour enfants abandonnés à Lincoln dans L'Illinois réputé pour son régime carcéral et ses traitements inhumains hyper-violents infligés aux enfants internés. Pendant 7 années, il subira de terribles punitions corporelles et la rééducation par le travail forcé. Après une tentative d'évasion en 1908, Henry DARGER s'échappe de cet enfer à l'âge de 17 ans, le 29 juillet 1909, et regagne à pieds sur une période de 2 mois, sa ville natale. il occupe alors diverses postes de subalternes dans les Hôpitaux de la région (zone du near north side). Définitivement employé au nettoyage hospitalier, un an après la grande dépression économique (crise de 1929), il s'installe dans une chambre (2ème étage) louée au 851 avenue Webster (espace communautaire de Lincoln park) oû il y restera en solitaire jusqu'à sa mort, assistant régulièrement aux divers offices religieux de l'église (Saint-Vincent) du quartier tout en cherchant dans les poubelles des rues, le matériel nécessaire pour l'élaboration de son oeuvre littéraire et graphique commencé en 1910 qui ne regardait que lui-même. UN AUTRE MONDE

 

henry darger (3)

Henry Darger (1950), Sans titre (extrait du 17,25 X 47,25) exposé jusqu'au 9 Février 2013 à la Ricco Maresca Gallery (Kiyoko Kerner) 529 West 20th Street, New-York. 

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Published by the visionnaire - dans art
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