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25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 14:01

halle saint pierre

 

La sélection

 

Il ne vous reste plus que 15 semaines (jusqu'au 6 Janvier 2013) pour courir et allez admirer la déroutante et première exposition française "Banditi Dell'Arte" consacrée à l'art hors norme italien et de ses singulières productions installées au Musée spécialisé dans l'Art Brut à PARIS, la Halle Saint-Pierre. Les oeuvres (300) esthétiques des virtuoses de la liberté sont réparties sur 1000 M² par deux étages. Un premier, le rez-de-chaussée, présente dans une demi-pénombre inquiétante, les collections carcérales et psychiatriques du Musée d'anthropologie criminelle de Cesare (Ezechia Marco) LOMBROSO (1835-1909), un terrifiant médecin racialiste qui pensait (à tort ?) repérer dans les anomalies physiques et anatomiques du corps humain, la marque héréditaire biologique du crime. Ce grand collectionneur de crânes et de squelettes de "délinquants-nées", adepte de la doctrine Spirite et croyant à l'existence scientifique de la vie après la mort, à emmagasiné en priver, une foule d'objets incroyables, fabriqués ou découlants de prisonniers de droit commun (bandits Piémontais pendant la campagne d'Italie, 1859-60), de prostitués, de nécrophiles et autres pensionnaires d'asiles d'aliénés mentaux (ex : les poteries et céramiques). Pour le docteur des épileptiques criminels ("criminaloid"), le génie artistique n'était pour lui et d'autres, qu'une tare irrécupérable, une forme de folie furieuse, qu'il nommait : "L'Art de l'insensé". Cette divagation démente s'exprimerait à travers les dégénérés de toutes sortes (qu'aurait' il observé face à une partie de la création contemporaine ?). Les collections du docteur anthropométrique, le pourfendeur de brigands, côtoient ceux du Musée d'Anthropologie et d'Ethnographie de Turin et de l'hôpital San Lazzaro de la province de Reggio Emilia, ainsi que des différent ateliers italiens d'expression libre (art-thérapie) de la loi 180 (1978). À l'autre étage, le premier, employer à mettre en lumière les oeuvres des représentants de l'art populaire contemporain (sic), les insiders indépendants (autodidactes), ceux qui créent hors système, loin du rituel officiel des écoles de réalisations bienséantes (Beaux-Arts). il est clair que selon les différentes biographies mises à la disposition des visiteurs, que ces marginaux de l'art ont parfois eu des vies décharnées extrêmement violentes et nombreux de ses bandits ont fini perdus dans une atroce réclusion, de la prison à l'internement, rejetés de la société. Mais, ils sont moins criminels, ces outsiders populaires de l'Art Brut, qui ont choisi comme leurs confrères, des matériaux les plus éclectiques, pour donner corps aux visions internes de leurs univers : du papier, des cartons, vêtements, bois, de la pierre, des jouets, tissus, déchets, chiffons, même des murs "d'habitations", des tas de choses qui sont ensuite transformées, peinturées, gravées, attachées, sculptées, pour un ensemble de techniques mixtes. Sue les deux étages de l'exposition, curieux et amateurs pourront rencontrés les différentes couleurs très hermétiques de l'âme ces inventeurs en se posant la question fatal : "Qu'ont-ils voulu (nous) dire ?". On admirera entre d'autres : les fresques et dessins de Giovanni BOSCO (1948-2009) et de Gaetano GAMBINO (1924-1987), les inscriptions à caractères énigmatiques gravées sur le mur (60 mètres de long) de l'hôpital psychiatrique de Voltena du "Colonel Astral" : Fernando NANNETTI (1927-1994) puis d'autres graffitis muraux, ceux de Federico SARACENI (1830-1903), la salle à manger de Giovanni PODESTA (1895-1976) composées de meubles peints à messages mystiques, Francesco TORIS (1863-1918) et son "nouveau monde" entièrement bâti en os de bovins (voir photo içi-dessus), les bonshommes Bavarois troués aux longs nez de Carlo ZINELLI (1916-1974), les bas-reliefs en pierre de Nello PONZI (1897-1984), des peintures très colorées pour Tarcissio MERATI (1934-1995), les statuettes de Salvatore BENTIVEGNA (1923-2002), des voitures et des femmes en peinture pour Pietro GHIZZARDI SPAGNOLA (1906-1986), les pierres sculptées par Filippo BENTIVEGNA (1888-1967), un assortiment de buste humain aux visages effacés (en opposition à ceux du docteur Lombroso) tout en bois signé de Luigi BUFFO (1919-1997) et les incroyables objets dessinés en séries de manière répétitif de Marco RAUGEI (1958-2006). Décidément, la plupart des Musées sont de véritables cimetières. En revanche, bien d'autres virtuoses du bricolage hors-circuit sont encore vivants, comme : Franco BELLUCCI (1945) qui lie des jouets avec des cordons en plastique tel des fagots, ou encore Luigi LINERI (1937) et son amoncellement de galets de rivières. Plus scandaleux, les femmes érotiques aux drôles de postures constamment assaillit par les fusées phalliques de Giovanni GACCI (1955). Tout ce fatras de poésie féroce, vous surprendra par son foisonnement extravagant et hallucinatoire. De cet entêtement mécanique pulsionnel de projeter et sauvegarder ses phantasmes les plus hypnotiques par tous les moyens, tous les supports, y compris l'obsessionnel, celui de l'accumulation. Mais les voyous de l'Art n'en font qu'à leur tête. Comme ça, pour un geste à part entière. À voir : 2, RUE RONSARD 75018 PARIS. Métro ABESSES ou ANVERS ligne 12 et 2.

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Published by the visionnaire - dans art
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