Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 16:40

Melancholia

 

L'AMOUR IMPOSSIBLE

 

Un couple de jeunes mariés, chemine en limousine vers la réception somptueuse qui les attends dans un luxueux château. Arrivés après quelques difficultés, la mariée lève les yeux au ciel dans la nuit naissante et s'interroge sur le nom d'une étoile émettant une lueur rouge : ANTARES. Le nouveau film de LARS VON TRIER commence par un prologue surréaliste d'une beauté foudroyante, la succession de tableaux vivants en modes Ultra-ralenti, tandis qu'une planète au bleu colossal se rapproche de la terre. Un cheval noir terrassé, s'effondre sur lui-même, une toile (le retour des chasseurs de Pieter BRUEGEL (1525-1569) brûle, l'Arbre de la connaissance se consume dans les flammes, une pluie d'oiseaux morts tombent d'un ciel de cendre, l'héroïne est entravée par des files laineux et grisâtres qui l'empêche de se mouvoir, elle se retrouve les bras en croix entourée d'une myriades de papillons, un triptyque étonnant des trois protagonistes de l'histoire sous leurs Astres respectifs, CLAIRE (la brune) portant son enfant et s'enlisant dans une pelouse verdoyante, la blonde JUSTINE habillée de sa robe blanche, meure en dérivant sur un étang bordé de nénuphars aux fleurs de souffre. Elle est comme une Nymphe au sourire extatique, tuer en son coeur par le doux parfum du pollen toxique et mortel diffusé du bouquet de Muguet qu'elle tient entre ses mains submergées d'eaux troubles, sa tombe (la mort d'OPHÉLIE de John EVERETTE MILLAIS (1829-1896), son petit neveu taillant en sa compagnie une branche de bois au milieu d'une forêt obscure (la mélancolie de Lucas CRANACH l'Ancien (1472-1553). Justine la désenchantée est aussi une Fée électrique qui tend ses doigts pour recueillir la foudre aspirante, de l'attraction électro-magnétique de la rentrée en atmosphère d'une terrible et menaçante planète bleue meurtrière qui s'abat sur la terre. C'est la fin du Monde. Ces fresques oniriques d'une durée de 8 minutes, d'une pesanteur impressionnante sont portées en fond par le prélude de Tristan et Isolde (opéra) du compositeur Wilhelm Richard WAGNER (1813-1883). Cette exposition mystérieuse d'images Romantiques désespérantes est un découpage climatique sublimé d'un état d'être, le spleen glaciale et mordant qui divise le film en deux chapitres uniques. Le premier, c'est les noces du mariage, ratées de JUSTINE (Kirsten DUNST, Prix d'interprétation féminine au Festival de Cannes 2011) avec MICHAEL (Alexander SKARSGÅRD), elle fera tout pour se désengagée de cette union, deconstruisant progressivement la méticuleuse organisation du festin des épousailles entreprit par sa soeur CLAIRE (Charlotte GAINSBOURG), en fuyant ses convives, recherchant la solitude, prendre un bain interminable ("arrête de rêver, Justine"), rejetant son mari par l'indifférence, somnole auprès de LÉO (Cameron SPURR) le petit neveu, qui la surnomme Tante briseuse d'acier (Steelbreaker). Elle s'absente au beau milieu des festivités pour aller pisser sur le parcours du terrain de golf composer de 18 trous, fierté de son beau-père JOHN (Kiefer SUTHERLAND), où domine un imposant cadran solaire (polygone du Melancholia d'Albrecht DÜRER (1471-1528). Elle saborde son mariage avec une froideur diabolique qui rend furieuse d'angoisse CLAIRE : "parfois je te hais tellement, justine" et provoque l'hostilité de John à cause du coût financier élevé de la soirée. Le joyeux évènement dévoile les tensions au sein de sa famille. Un père (John HURT) fuyant et alcoolique, pitre pour lui même, GABY (Charlotte RAMPLING) la mère autoritaire et sardonique, qui assène au couple précaire, un "profitez-en tant que ça durera !", le patron de justine JACK (Stellan SKARGÅRD) qui l'avais nommé directrice artistique, l'a renvoie de sa société. D'autres événements surprenants vont gâcher la fête. La comédie sociable des faux-semblants tourne au vinaigre, elle s'écroule. Justine n'aime personne, encore moins son naïf de mari, qu'elle délaisse définitivement dans la chambre nuptiale et ce n'est pas les 678 haricots blancs que contient le bocal de la tombola devineresse, annoncer par Petit Père (Jesper CHRISTENSEN) qui changera son humeur destructrice, son dégoût de la vie et du poids des conventions. C'est la fin (des haricots) et tout ce beau monde névrosé petits-bourgeois quittent la somptueuse propriété, emportant avec eux leurs masques d'hypocrisie du bien comme il faut. Le lendemain matin, Justine et Claire, les deux cavalières de l'APOCALYPSE partent en balade sur leurs chevaux à travers la brume (étonnant travelling des hauteurs). Arrivées devant une passerelle, le cheval noir de Justine nommé Abraham (Karl ABRAHAM (1877-1925) médecin et psychanalyste Allemand connu pour ses travaux sur les troubles Bipolaires dans la Manie et la Mélancolie) refuse d'avancer et de franchir le petit pont. Sa maîtresse lève son regard et constate la disparition d'Antarès de la voûte céleste. La deuxième partie se déroule plus rapidement et semble irréelle. Justine, dépressive, est devenue une sorte de loque à chair molle, pétrifiée dans une torpeur mental, presque incapable de se mouvoir toute seule, comme vidée de son énergie vital. Elle peine à marcher et lever les pieds. Son corps est plombé (SATURNE), son esprit volatil, ses yeux hagards, dans son coeur brûle une flamme, celle de la noble lumière vénéneuse du soleil noir mélancolique, engendrer par la perte de son rêve phantasmé. Au souper du soir, son plat préféré cuisiner par sa soeur (un pain de viande) à le goût de cendre des futures corps calcinés et noyés dans les eaux amères de l'ABSINTHE, l'étoile de l'apocalypse (XVIII, 10-11). Claire qui l'aide par tout les moyens pour son rétablissement, apprend de John qu'une énorme planète, d'un bleu amical, Melancholia, cachée derrière le soleil est sortie de son orbite, qui après avoir côtoyée Mercure et Jupiter, continue sa route vers la Terre pour la frôler sans la toucher. Certains scientifiques ont des prédictions plus pessimistes. John invite claire à l'observer au télescope. Le renversement s'opère, Claire est alors envahie de terreur, la peur la submerge. Léo s'interroge. Melancolia (astronomiquement est une géante bleu en fusion, étoile double satéllitaire et compagnon d'Antarès de la constellation du scorpion) apparaît dans le ciel, passant par des transitions aux positions changeantes qui influences, au grée de son évolution, le tempérament des quatre personnages. Justine reprend la vie qu'elle s'est détruite. Une nuit où la lune et la planète bleu se font face, elle vient s'étendre toute nue à côté d'une rivière, comme une sorcière somnambule, offrant sa beauté intime et lunaire à la lumière de l'Astre de mort. Elle est alors double, unique dans sa vision, Melancholia (11+7 =18) transfigure le monde en une oeuvre d'art, l'esthétique de sa poétique. Le gouffre de la vanité : le néant. Melancholia semble être qu'une allégorie de justine, le bleu de ses yeux. Sa maladie psychique, qui se répand sur ses proches, sans pitié, transforme la réalité en un  bouleversant cauchemar de désespoir irrationnel de la vie. Les deux soeurs sont au jardin, elles cueillent des fleurs, puis des baies noires, du cassis ( l'excès de bile noire), claire en amasse une grande quantité, soudain une alouette (le saint-esprit, l'émerveillement) surgit du ciel, accompagnée d'une chute de flocons de neige (les papillons). C'est le ravissement. Les voici reparties au galop sur leurs montures chevalines, où pour la deuxième fois ABRAHAM (la raison) refuse de franchir la passerelle, sa cavalière s'énerve, le cravache avec une grande violence, lève les yeux et aperçoit Melancholia (11) dans l'azur éclairé. Elle est finalement prisonnière à jamais de sa folie. Léo fabrique un cercle en fil de fer, fixé par un bâton, un bricolage ingénieux qui permet de mesurer simplement le rapprochement et l'éloignement de la planète bleu. Claire (6) entreprend des recherches sur celle-ci par internet et découvre, les trajectoires de Melancolia (transit) et de la terre sur un diagramme intitulé "la danse de la mort", en 8 stations (678), nous sommes dans les 3 dernières. Elle se procure des pilules mortelles et les caches dans un tiroir fermé à clef dont le meuble porte une petite partie du triptyque du Jardin Des Délices de Jérôme BOSCH (1453-1516). Son angoisse accroît sa panique, ce qui rend de marbre Justine (7) qui lui répond "la vie sur terre est mauvaise, elle ne manquera à personne". Elle rejoint le renard, prophète du chaos qui dans le précédent film du réalisateur :  ANTICHRIST (2009) avait prédit "la nature est l'église de SATAN". Mais Claire pense qu'il y a une autre vie dans l'Univers (faute de DIEU), un espoir, vite brisé par sa soeur : "la vie sur terre va disparaître, il n'y a aucune autre vie, nous somme seuls", pour preuve elle prétend être dotée d'un pouvoir de clair(e)-voyance et devinée le nombre exact du résultat de la tombola de ses noces. Petit père à abandonné son poste de domestique, laissant seul le quatuor malsains qui décident d'observer l'Astre mauvais au télescope pendant la nuit. Léo s'endort. Melancholia se lève de toute sa puissance, salués par le chant des oiseaux de toutes les espèces. Claire suffoque, l'air bleuâtre devenant chargé. John lui avoue qu'il s'est trompé, que la collision est inévitable. Au petit matin, il se suicide en absorbant toutes les pilules que contenait la boite cachée dans le tiroir à clef. il pleut, et Claire au summum de l'épouvante essaye de s'enfuir vers le village en voiturette électrique, qui tombe en panne devant le petit pont. Elle prend Léo dans ses bras et bondit sur la pelouse en face d'un drapeau de Golf au numéro 19. ils sont accueillis par une chute de grêle, rejoignent Justine et lui propose pour la fin, de boire un verre de vin et de chanter sur la 9ème symphonie du compositeur Allemand Ludwing Van BEETHOVEN (1770-1827), le triomphe de la joie, tous les trois sur la terrasse. (Le vin rouge renvoi au cadeau de mariage, offert par Michael (le messager psychopompe) à Justine : Une étendue de terre où est cultiver des pommes-empire d'un rouge vif, aux goûts acides, le fruit défendu du paradis perdu, celui qui coule dans le sang rouge et furieux de toute l'espèce humaine par l'entremise fautive du premier couple "vivant" ADAN et ÈVE. Cette nostalgie qui circule dans nos veines, qui enfle la rate, ce cimetière des humeurs géniales, l'organe de la tristesse démoniaque qui suce le rêve perdu des poètes solitaires aux comètes de malheurs. Justine refuse et lui réplique sèchement : "Pourquoi ne pas allez aux chiottes ensemble ?". Elle a tué et anéantie irrémédiablement le peu d'optimisme restant de sa soeur, la seule qui lui résistait (7:6=1,1). Léo pense aussi que la planète amicale va s'écraser sur la terre. Justine est un monstre sans compassion, une magicienne sadique et perverse, l'aunt steelbreaker (12+7=19). Elle lui promet d'échapper à la mort grâce à une cabane magique, qu'elle l'aide à construire en taillant de longues branches de bois. Cette cabane édifiée, ressemble à un bûcher, une tente indienne en forme de cône (tipi). C'est une préparation morbide et eschatologique d'un dernier feu de camps (l'arbre). Justine, Claire, et léo se donnent la main, assis ensemble au centre de la cabane de branche. La géante Melancholia grossie à une vitesse sidérante, touchant la terre dans un vacarme assourdissant, d'une puissance hallucinante, d'un bourdonnement cosmique. Une souffrance extrême se lit sur le visage torturé de Claire, sous le regard hypnotique et le sourire à peine esquivé d'une justine perverse et cruelle, elle est la MORT. c'est le choc ! A part quelques cadrages tremblotants, Ce Film est une grande oeuvre.

 

Melancholia

La fée électrique

Partager cet article

Repost 0
Published by the visionnaire - dans cinéma
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : the visionnaire
  •  the visionnaire
  • : Arts et Mystères initiatiques
  • Contact

Recherche